Anthropologie sonore

Jean-Marie Ozanne, libraire et éditeur

Publié le 06/10/2009 par La Rédaction
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Bon, on commence par ton histoire personnelle, Jean-Marie...

Je suis d'une famille petite-bourgeoise qui habitait Vincennes. Je suis allé au lycée à Montreuil, un peu par hasard, ou plutôt, presque par postdélinquance. J'avais été mis à la porte de l'Éducation nationale. Mes parents m'avaient mis dans des boîtes privées, pour tenter de sauver le fils perdu. Mais, j'ai aussi réussi à me faire mettre à la porte des établissements privés. Pour terminer, ma mère, qui était prof contractuelle à Montreuil, a réussi à me faire entrer au lycée. J'ai réussi à me faire mettre à la porte de ce lycée avec un « petit » inconvénient à la clé, ma mère n'a pas été reprise.


À cause de toi ?
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Oui, à cause de moi... Ensuite, je suis allé à la fac où j'ai fait de la psycho et en même temps, je devais bosser. J'avais quitté le foyer familial. Et j'ai fait des petits boulots à droite à gauche...
J'ai été approvisionneur de stocks en rupture chez Auchan. Quand le casier était vide, il fallait le remplir... J'ai été barman, ouvrier...dans une entreprise, les biscottes Eudebert. Je charriais des sacs de farine. Il y avait 5 grands blacks avec moi, mais quand on sortait le soir, on était, tous les 6, d'une blancheur absolue.


À quel moment ?


Dans les années 70. Bon, j'y étais aussi avec une sorte de casquette militante. C'était mon bref passage - et heureusement qu'il était bref - d'établi. Ça n'avait pas de sens et ça n'a pas marché. J'ai réussi à m'en sortir assez vite.





Tu étais militant ?

À la GP. Et puis, j'ai été infirmier psychiatrique. C'est un métier qui m'a passionné. Et d'ailleurs, j'ai encore des bouffées de nostalgie en pensant à ce métier. J'ai eu la chance de côtoyer des enfants autistes. C'était un univers dans lequel j'étais excessivement bien. C'était aussi la période de l'antipsychiatrie bien sûr. On avait un médecin-chef qui s'appelait P. Il avait une particularité, c'est qu'il avait fait venir sa femme comme assistante. Il avait un enfant autiste et il le cachait. À un moment, je lâche le morceau et je me suis fait mettre à la porte de l'HP. Mais finalement, c'est assez sain de se faire mettre à la porte de l'hôpital psychiatrique et j'ai ensuite voulu faire quelque chose de très straight. Et je suis allé faire du droit. Un truc bien carré, pour bien se repositionner. Et j'ai eu une licence de droit. À ce moment-là, mon grand-père est décédé. Il était pour moi un monsieur très important, un vieux juif qui venait de Russie. C'était un très grand monsieur, toujours extrêmement digne. Je lui ai connu trois femmes dans sa vie, au sens d'homme marié... mais nous savons bien à quel point il en a eu beaucoup plus. Il était collectionneur de tableaux. Il était venu de Russie puis de Varsovie avec des peintres. Et toute sa vie, il a acheté des tableaux, il avait du goût, il ne se trompait pas trop : il avait des Van Dongen, des Renoir mais il avait aussi plein de petits peintres de l'école de Paris. Le vrai mécène. Il achetait les tableaux pour que les peintres puissent vivre. Il a fait ça toute sa vie...
Il faisait faillite sur faillite, mais arrivait toujours à repartir. Il habitait 1, bis avenue Foch, au moment où il est mort. Il avait une fortune et beaucoup de dettes. Mais j'ai eu vraiment la chance d'hériter de 150 000 francs. Et avec cette somme, j'avais l'impression d'être l'homme le plus riche du monde. Ma mère ne rêvait que d'une seule chose, c'est que je m'achète un appartement et j'ai préféré faire une librairie ! La librairie, j'en avais toujours eu envie. Quand j'étais môme, on était un peu dans un milieu psy, dans l'entourage de la famille et très vite j'ai eu envie d'être psy ou libraire. Et il y avait aussi une autre logique. Cette autre logique, c'est celle de ces militants d'extrême gauche qui ont envie de retourner au texte,  comme Verdier, etc. Et voilà. Pour moi c'était évident, je n'avais pas envie d'être éditeur, j'avais envie d'être très proche du terrain.
J'ai ouvert une librairie de 45 m2, à Montreuil. Ce qui était quand même drôle, c'est que le droit au bail coûtait 125 000 francs. Et le propriétaire m'a fait payer une indemnité de changement de commerce de 25 000 francs. Et j'ai donc tout dépensé. Il a fallu ensuite se débrouiller pour trouver une petite bagnole, j'ai revendu tout ce que je pouvais.  J'ai ouvert de bric et de broc.





Pourquoi Montreuil ?

Parce que j'avais été lycéen à Montreuil et que je vivais en communauté à Montreuil. Ce qui fait toujours réfléchir sur le sens du collectif. Et puis, je n'y connaissais rien. J'ai fait un petit stage à la chambre de commerce.  Et là, on m'a expliqué qu'il fallait faire un magasin de porcelaine blanche. J'ai ouvert le magasin avec beaucoup de mes propres livres en rayon. Être à Montreuil, je pensais que ça voulait dire avoir beaucoup de livres de gauche et d'extrême gauche. En fait, ça ne marchait pas du tout. La CGT, à ce moment-là, c'était encore l'époque de Messidor (Journal de la CGT), avait des relais dans toutes les entreprises et je n'y avais pas place. Une autre chose me passionnait, à ce moment-là, j'avais ma gamine, c'était le livre jeunesse. Donc, on a tout de suite eu, à la hauteur de nos mètres-carrés, un rayon jeunesse très important. Et dernier point, c'était la littérature urbaine. Je suis né à Saint Maur des fossés, j'ai vécu à Vincennes et à Montreuil, j'ai ouvert rue Gallieni devenue Dreyfus. Maintenant, la boutique est devenue un magasin de jouet. Je n'avais aucun contact avec un autre libraire. Je ne connaissais vraiment personne.




En quelle année as-tu ouvert ?

En 81. Juin 81. Très vite, j'achetais aux fournisseurs. J'aime beaucoup le mot de fournisseur. Je me souviens d'une réunion au SNE où le secrétaire général de l'époque, quand j'employais le mot fournisseur, me reprenait en disant « ah, les éditeurs », et je disais, « non, non les fournisseurs ».
J'achetais du Tintin plus cher qu'Auchan le vendait. J'étais donc rapidement convaincu de l'utilité de la loi sur le prix unique du livre. Je ne faisais pas partie de l'association de Jérôme Lindon, je ne la connaissais même pas. J'étais dans un isolement absolu. C'est quelque chose qui m'a énormément marqué. J'ai failli tout de suite tout perdre. Au bout de 6 mois, j'étais interdit bancaire, j'allais à la Poste payer les fournisseurs à la fin du mois en argent sonnant et trébuchant. Je me faisais traiter de richard par les gens qui faisaient la queue parce que sortir en liquide 3 ou 4000 francs... Un truc que j'ai tout de suite remarqué à l'époque c'est que j'étais un bon vendeur. Il y a toujours eu l'existence d'un chiffre d'affaires. Peu de clients, mais je vendais.

Au tout début, une autre chose m'a marqué, la deuxième cliente qui est entrée dans la librairie et m'a demandé un livre sur la ménopause. J'avais 27 ans, je savais à peine ce que c'était. Cette situation m'a fait réfléchir. Je me suis dit dès ce jour-là, que j'aurais toujours de la vie pratique, que c'était même une nécessité absolue. Certes, je n'étais pas devenu libraire pour vendre des livres sur la ménopause, mais il fallait que je respecte effectivement les clients qui pouvaient rentrer. Et ça m'a coupé immédiatement d'un certain élitisme. Dès le début, j'ai beaucoup réfléchi sur le rapport de l'offre et de la demande, entre ce que je désirais vendre et ce que l'on me demandait. Ce qui correspond bien à l'esprit et la lettre de la loi sur le prix unique du livre.

Puis, beaucoup de chance, un jeune garçon est entré. Il m'a demandé s'il pouvait faire un stage. Il a fait ce stage et au bout d'une semaine, il m'a dit avec beaucoup d'élégance que j'étais très gentil mais franchement nul et que ce serait bien si je pouvais aller me former. Et je suis donc allé voir l'Asfodel. J'ai payé ma formation en argent sonnant et trébuchant. Ce qui les a fait rire. J'ai eu comme formatrice Marie-Thérèse Boulay et Michel Chaffanjon. Pour moi, ça a été un délice. À l'époque, je n'ai pas compris grand-chose, mais j'ai trouvé que la langue était absolument merveilleuse. Et j'ai eu Jean-Guy Boin qui était alors un permanent de l'Asfodel.
Jean-Guy nous a fait un cours de gestion et notamment il nous a donné un outil qui s'appelle le total mobile, une sorte de courbe de gestion. Il fallait dessiner cette courbe sur de grandes feuilles de papier, quadrillées, millimétrées, à l'époque, on faisait tout à la main, sans ordinateur. Mais j'avais amené le petit carnet que j'avais dans la poche et il se moquait de moi. Cet outil de rigueur qui peut sembler abstrait est absolument concret pour moi, je l'utilise toujours aujourd'hui,  c'est mon outil de pilotage et de gestion. Très vite, Jean-Guy Boin m'a fait témoigner, pour raconter à quel point j'étais nul mais aussi à quel point on pouvait redresser une situation, J'étais une sorte de laboratoire. J'ai beaucoup pris goût à ça. Et comme je faisais vraiment très bien le total mobile, il m'a demandé de le remplacer plusieurs fois. C'est comme ça que j'ai commencé à donner des cours.

Très vite il m'a demandé d'entrer au conseil d'administration de l'Asfodel et là, j'ai rencontré  Pierre Descomps.
Et là je dois dire que cette rencontre a été absolument déterminante. Je me suis aperçu qu'il ne suffisait pas d'être gauchiste pour être engagé. Dans la formation, il y a bien sûr, la formation professionnelle, il y a bien sur l'idée d'aider les entreprises, mais tout autant celle d'être au service des individus.


Ce rapport à la formation a eu ou a toujours un impact sur ton activité de libraire et sur Folies d'Encre ? Quel impact a eu la formation sur toi en tant que chef d'entreprise ?

Dès qu'on intervient et que l'on doit expliciter son travail, son quotidien, on est obligé d'y réfléchir et c'est absolument déterminant. Je ne suis pas sûr d'être un très bon libraire, au sens où je ne suis pas un technicien, j'ai une mémoire d'oiseau, mais prendre de la distance par rapport à une pratique professionnelle quotidienne, c'est ça qui me paraît excessivement constructif.





Comment a grandi Folies d'Encre ?

Très vite, on a réussi à redresser la barre, à arrêter les déficits chroniques pour devenir bénéficiaire. En 90 à 91, on a eu l'opportunité de déménager et là, l'Adelc nous a beaucoup aidés.
Une parenthèse, tout de même, j'ai mis 4 ans à voir les premiers représentants... et encore j'en voyais excessivement peu. Autre petite parenthèse, un jour, les centres de loisirs de la ville de Montreuil, représentés par deux personnes Lucette Savier et Rolande Causse sont venues à la librairie. Elles organisaient des ateliers de lecture-écriture dans les centres de loisirs. Et elles souhaitaient faire un festival de livres jeunesse. Dans la continuité d'un festival, on a pensé à un lieu de vente et on a donc créé ça ensemble et ça, ça a été un peu déterminant dans l'histoire de la ville.


 


Tu disais que les représentants ne venaient pas te voir... Ils ne passaient pas le périphérique ?

Ah, oui, clairement à l'époque les représentants ne passaient pas le périph' et le premier chef des ventes à être venu me voir, c'était Jean Bussy. Au bout de 5 ou 6 ans, Henri Causse est venu. On a fait un petit tour dans la ville en passant devant la mairie, il m'expliquait que c'était un bunker avec un clocher dessus. Que c'était bien une ville communiste !
Particularité aussi, c'est qu'à cette époque-là, si je mettais une petite affiche dans ma vitrine en disant tel auteur vient (et là aussi j'ai eu de la chance, les auteurs sont venus, Didier Daeninckx et Daniel Pennac,Ponti...) la librairie était remplie. Il y avait une attente du public très forte. Les gens étaient fidèles à leur librairie.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui ?

Pourquoi met-on maintenant des petits mots sur les livres ? L'enthousiasme des libraires ? Leur volonté de communiquer ? Non, plus simplement il n'est plus possible de communiquer au titre du collectif. Toute la relation est individualisée. Le client-roi est maintenant un client-soi. Avec une mise à distance très grande. Beaucoup de nos clients vont à Millepages, à la Fnac, peuvent acheter sur Internet voir sur Amazon. À l'époque, non seulement les Parisiens ne passaient pas le périphérique, mais les Montreuillois n'allaient pas à Vincennes. Il y avait une sorte de frontière, il y avait une identité très forte.
Maintenant, la mobilité est plus grande. D'ailleurs, on le voit même, dans les faits divers. Autrefois, quand il y avait des bagarres, elles restaient dans la cité, dans la banlieue. Ça se passait sur place. Quand j'étais môme, la bande du Bel Air (un quartier de Montreuil) faisait peur à tout le monde et on évitait le Bel Air et ils sortaient très peu de la cité. Maintenant, certaines bagarres dans le 19e ont lieu avec des bandes de Montreuil.





Tu as vu bouger la ville, se transformer ?

D'abord, je l'ai vue bouger, comme toutes les villes bougent... Ce qui était très marquant à Montreuil (on le voit d'ailleurs en regardant le niveau des commerces dans cette ville), c'est que c'était une ville très enfermée. D'ailleurs, symboliquement, on arrive par la porte de Montreuil, en passant par un goulet d'étranglement entre, d'un côté la CGT, et un grand magasin.  Ensuite, on est confronté aux embouteillages sur la rue de Paris. C'est assez symbolique de la manière dont cette ville était pensée, comme un bastion, un bastion rouge... La ville a été suffisamment riche pour préempter les logements et essayer de les redonner systématiquement aux Montreuillois. Puis, elle s'est trouvée en difficulté et petit à petit, elle a de moins en moins préempté surtout dans le Bas Montreuil et les Parisiens sont venus s'y installer, en douceur. Il y a une chose maintenant qui me frappe beaucoup, c'est que l'on dise maintenant que Montreuil est une ville bobo.





Bobo, ou plutôt de gens qui ne se mélangent pas tant que ça, qui pratiquent l'entre-soi ?

Moi, ce qui me marque beaucoup c'est à quel point ça l'est doucement. Évidemment, les journalistes s'en aperçoivent quand il y a un seuil visible... Subitement, il voit un iceberg se former au-dessus de l'eau. Quand je demande à Robert Guédiguian ce que ça lui fait d'être un bobo à Montreuil, il répond que ça fait 30 ans qu'il est un bobo à Montreuil. On a vu petit à petit cette modification qui s'est faite, mais il reste quand même un esprit très particulier, il suffit de regarder les votes aux dernières élections pour s'apercevoir à quel point il reste une identité pseudo ouvrière d'ailleurs, car il ne reste plus beaucoup d'entreprises à Montreuil, elles sont parties, il reste plutôt des petits ateliers, de petits pavillons avec des jardins... Une vraie architecture particulière à laquelle je suis attaché.





À propos de l'identité de Folies d'encre, peut-on parler d'une marque les librairies d'un réseau Folies d'Encre ? Et de quelle manière se diffuse-t-elle ?


En fait, c'est d'abord une question de solidarité fondée sur une idée toute simple... Certaines villes n'ont pas de librairies et certaines personnes veulent créer des librairies. Si ce mariage entre une ville et une personne particulière peut se faire tant mieux. Maintenant, concrètement, la solidarité s'exprime par le fait que je négocie les remises de départ. Grosso modo, ça me prend deux journées de ma vie et les gens ont des remises, pas obligatoirement fantastiques, mais suffisantes pour pouvoir tirer un SMIC. Je me souviendrais longtemps des 6 à 8 ans pendant lesquels j'ai passé ma vie à tirer le diable par la queue, à me demander ce que j'allais manger...


Quand tu dis, une ville, une librairie, de quoi parles-tu exactement, que faut-il pour qu'une librairie puisse ouvrir dans une ville ?

Il faut qu'il y ait un vrai centre-ville. S'il n'y a pas de centre-ville, c'est excessivement difficile, mais sinon, il y a partout des lecteurs... Quand j'ai ouvert la librairie, un éditeur m'a demandé si on lisait à Montreuil... Si on est à un endroit où le panier moyen est très élevé, c'est plus facile, mais c'est tout ce qu'on peut en dire...





À propos de tes combats collectifs au service de la librairie, comment vois-tu l'évolution du travail collectif en librairie ?

Je trouve que le SLF est une réussite assez extraordinaire. Pourquoi, parce que le SLF a réuni (historiquement) plusieurs courants de la librairie. Dans ces courants, il y a bien sûr le courant de "l'Oeil de la Lettre", c'est-à-dire celui des librairies dites alternatives, différentes, parallèles, de cette génération de 68 ou la génération de la loi de 1981. Il y a le courant syndical c'est-à-dire ces mouvements syndicaux qui étaient en opposition, la plupart du temps, à la FFSL et puis il y a un courant un peu plus idéologique, c'était le courant Pierre Descomps. Juste avant la création du SLF, il ne faut jamais oublier que quand la direction du livre avait besoin d'un avis de libraire... bien sûr officiellement il le demandait à la FFSL, le syndicat représentatif, mais globalement Pierre était toujours questionné. Et je pense que par exemple le rapport à la qualification de la librairie, c'est une idée qui l'a agité en permanence.


Quelle était cette fameuse vision de la librairie ?

Elle tournait autour des concepts d'autonomie, de qualification et de reconnaissance. Et c'était d'autant plus marquant que Pierre venait de l'édition, ce n'était pas par hasard...
Personnellement, je n'ai jamais vu de différence entre la librairie et l'édition, d'ailleurs, j'ai édité tout de suite. Au bout de deux ans, j'avais sorti mon premier livre, il n'est d'ailleurs pas beau à voir... Quand je suis vraiment entré dans le milieu de la librairie, j'ai été marqué par la façon dont les librairies considéraient l'édition, le monde de l'édition. Au fond, les deux métiers tournent autour des questions de découverte et de transmission.
À la fac, je demande toujours aux étudiants avant de démarrer les cours ce que c'est ce métier de libraire. Et tous m'expliquent que le libraire vend. Ce qui est vrai, le libraire est un commerçant, je le revendique très fort.  Quand je leur demande, est-ce que l'éditeur vend ? La question leur semble déplacée. Et pourtant. Y a-t-il une si grande différence entre la vente au détail et la vente en gros ? La loi Lang précise que tout livre doit pouvoir être vendu à l'unité, on s'aperçoit de l'inanité de ce mode de pensée. Entre les deux métiers, il s'agit bien du même moteur. Ce ne sont pas les mêmes tâches, la même organisation, c'est d'ailleurs beaucoup plus dur d'être libraire qu'éditeur, au quotidien. Les investissements sont très lourds en librairie alors qu'on peut faire démarrer une structure d'édition très légère.
Je rêve que les libraires arrivent à prendre ça avec eux.